La chapelle

La chapelle néogothique Maringer : un patrimoine méconnu

Identifiable par son élégant clocheton à bulbe, l’église se dresse au centre d’un ancien site hospitalier qui constituait jusqu’à une date récente l’hôpital  Maringer-Villemin-Fournier.

 

 

 

 

Cet hôpital fut fondé au début du 20e siècle sur un ancien domaine jésuite du 18e siècle devenu pensionnat de jeunes filles durant le 19e siècle. Son appellation correspond aux fonctions médicales essentielles du site : un 1er établissement du nom de Maringer (Hippolyte Maringer, maire et président de la Commission des hospices) destiné à accueillir les tuberculeux est installé en 1904 dans le bâtiment existant, il s’agrandit rapidement (1912) d’un sanatorium qui prend le nom de Villemin en souvenir d’un médecin militaire lorrain qui avait dans les années 1860 prouvé la notion de contagion de la tuberculose. Puis, afin d’augmenter la capacité d’accueil des personnes atteintes de maladies vénériennes, on construit en 1923 un nouveau bâtiment qui reçoit le nom de Fournier (médecin syphiligraphe français).

L’église a été construite pour la congrégation des Dames du Sacré-Cœur qui ouvre dès 1841 sur le site un pensionnat de jeunes filles.

Les travaux ont lieu en 1843, l’église est bénite le 10 août de la même année par Mgr Alexis-Basile Menjaud, nommé évêque coadjuteur de Nancy en 1839 avec le titre d’évêque in partibus infidelium de Joppé, avant d’être évêque de Nancy de 1844 à 1859.

L’église est de style néo-gothique. La plupart des églises néo-gothiques de la région étant essentiellement postérieures à 1850, l’édifice peut être considéré comme l’un des premiers édifices ayant adopté ce style en Lorraine.

De plan basilical, l’église compte 5 travées rectangulaires, la 1ère travée formant vestibule-tribune, et une abside semi-circulaire à pans coupés à l’intérieur. L’ensemble est couvert de fausses voûtes d’ogives (bois et plâtre) reposant sur des colonnettes engagées.

Une des richesses de l’église réside dans son décor sculpté dont on distingue encore les traces de polychromie.

L’arc triomphal marquant l’entrée de l’abside est orné d’une suite d’anges agenouillés portant des phylactères.

 

 

 

 

Les chapiteaux supérieurs sont historiés : celui de gauche représente la fuite en Egypte, celui de droite, la Nativité.

 

 

 

 

Les colonnettes de l’abside sont entièrement sculptées de feuillages parmi lesquels figurent des oiseaux et des têtes d’anges.

Les chapiteaux du vestibule sont ornés d’un décor particulièrement riche : on y trouve anges musiciens, lion, oiseaux, aigle, phœnix et oiselets dans un nid, feuillage et motifs géométriques divers dont des palmettes (sur impostes) ou des cordons tressés à perles (sur astragales).

 

 

 

 

Les clés de voûte sont ornées d’anges tous différents.

 

 

 

 

Sur les murs sont disposés un chemin de croix  et deux bas-reliefs dont l’un représente Jésus et les docteurs du  Temple et l’autre Jésus et les enfants (Laissez venir à moi les petits enfants).

 

 

 

 

Deux des verrières d’origine sont encore en place : elles représentent les évangélistes saint  Matthieu (symbole : ange), saint Jean (symbole : aigle) et saint Jean Baptiste avec le Christ bénissant.

 

 

 

 

Alors que l’ensemble du décor et du mobilier, dont la chaire à prêcher et le buffet d’orgue, date du milieu du 19e siècle, période de construction de l’église, l’ancien autel  en marbre est plus ancien, il date du 18e siècle.

 

 

 

 

 

Document réalisé par le Service Patrimoines et Inventaire général de la Région GrandEst.
Dossier complet consultable  sur le site de Nancy (29 rue du Haut-Bourgeois)
http://patrimoines.lorraine.eu/
Ph. S. Durand, Copyright © Région Grand Est, Inventaire général

Plus de photos: ICI

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